15 ans

Et la douleur change sans se calmer.

La frustration et la déception liée à l’impression de ne jamais s’en remettre s’ajoute au trou béant et flou de la peine d’enfant.

Pleurer en serrant son oreiller et se ramener dans le temps contre son gré, sur le petit fauteuil sur le bord de la fenêtre, à mordre mon coton ouaté pour contenir les sanglots. Comme si chaque 29 mai de ma vie j’allais rester une petite fille. Une journée arrêtée dans le temps, une souffrance d’enfant qui remonte tout le temps. Une déception d’adulte. Une solitude d’humaine.

Les mêmes questions qui resteront toujours sans réponses.

La même envie d’haïr pour moins aimer.

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Aide-moi stp, blogue…

Salut blogue!

Ma photo de pinte de 50 est finaliste à un concours du Mondial de la bière, et j’aimerais vraiment beaucoup le remporter. 

Si tu "like" la photo sur la page du Mondial et que je finis par gagner, je promet pour vrai d’organiser un 5 à 7 de victoire et de payer une bière aux gens présents. Pour vrai. Et ceci restera écrit dans le cyber-espace pour mieux protéger ton gain potentiel. 

C’est ici pour pouvoir voter, sur le lien Facebook. 

MERCI TELLEMENT, MON AMI BLOGUE!

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Roule sur tes grosses boules

Je m’apprête à faire un grand saut. Un grand saut, BANG ou BOUM. Je ne sais pas encore ce que ça sera d’en atterrir. Je remet le résultat de mon saut entre les mains de gens qui me sont pour la plupart inconnus.

Je veux sauter en politique. Un peu beaucoup à nue, à cause des Internets quand même bien garnis de vie privée, quand on y pense.

« Efface toute avant, Anne. »

Je ne payerai pas de grosse firme tentaculaire inquiétante pour tout effacer.

Je ferai honneur à mes convictions. Je ferai honneur à la confiance que les plus magiques m’accorderont.

Je serai transparente. Je serai crue. Je serai nue. (dans les mots)

Alleluia.

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crédit photo : http://pinterest.com/pin/399835273136982405/

De la naïveté

On me reproche souvent ma naïveté politique. Ma naïveté humaine aussi. Et on l’attribue à mon âge. Ça va te passer, tu vas devenir cynique comme tout le monde. 

J’avais souvent le réflexe de m’obstiner. Je suis pas naïve, VOUS ÊTES TOUS STUPIDES BON. NON JE SUIS PAS NAÏVE BON. 

Je suis peut-être naïve finalement. Et c’est peut-être à cause de mon âge. Je crois encore que ça se peut devenir une bonne personne, même quand on a fait des erreurs. Je crois que même les pires plein-de-marde peuvent comprendre qu’ils ont ça en eux. Et plus personne leur fera confiance après, et ils redeviendront amers et méchants, et la roue continue à tourner et… JE REFUSE QUE ÇA SE PASSE AINSI. 

Je relis Anna de Louis Gauthier. Je l’aime. C’est un livre magique, je le pense sincèrement. (Estie qu’elle est naïve manne, elle croit même en la magie!)

Louis Gauthier laisse parler son absurde et son intensité et c’est parfait ainsi. Des fois il me perd, il dessine ses mains et c’est un peu débile, et parfait. Il s’ennuie de Anna. Elle ne reviendra pas. Mais il l’attend quand même.

Et je réalise que ma naïveté s’étend même dans mon émotif intense-absurde. Je suis à Cap-Rouge pour la fête de ma petite soeur, et j’attends mon homme. J’attends qu’il revienne, qu’il me surprenne. C’est moi qui suit partie, pour seulement 48 heures, mais je l’attend. Il viendra peut-être. Peut-être pas. Sûrement pas. En fait il ne viendra pas, je le sais. Ce n’est pas prévu. Je n’y crois pas toujours…

On ne se surprend jamais mais je crois toujours qu’on se surprendra aussi. Et en creusant dans cette réflexion, je me rend compte qu’il me surprend tout le temps. Ça doit contribuer à mes attentes physiques de transfuge temporaire, toutes ces surprises psychologiques. Même si c’est moi qui suit partie et qu’il serait insensé qu’il quitte tout pour me suivre à dos de cheval (ou nu sur un tapis volant… miam) et donner raison à la naïve absurde, il me surprendra. Il m’envoie des icônes animés louches et amoureux sur toutes les plateformes virtuelles. Il sera là pour moi même au loin, à me promettre les plus belles étreintes dès mon retour. Et il me surprendra avec son cerveau parfait et magique, sans avoir à se déplacer. 

Je suis naïve. 

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En perspective rénale

« À peine sorti de mon ravage 
J’ai la patience d’une file d’attente » - Défrichage, Avec pas d’casque

Trois jours dans l’aile A du 6em étage pour te replacer les idées. Sortir de son environnement pour se débrancher le cerveau et voir tout d’un autre oeil. Dans mon gros néant interne professionnel et physique, c’est comme des vacances. J’attends le prochain repas décevant comme si c’était le passage sacré du papa Noël et tous les visiteurs sont savamment étudiés comme seuls représentants d’une race distincte pouvant s’exiler au grand air. 

Au 6em, c’est le royaume de la néphrologie. Dans l’aile A, tout le monde a eu une greffe rénale. Dans l’aile B, tout le monde souffre d’une insuffisance rénale sans avoir encore pu recevoir une greffe. 

Dans l’aile A, je ne suis pas vraiment spéciale. Plusieurs ont attendu un bon 5 ans et plus avant d’avoir leur greffe cadavérique et si ils sont là c’est que la greffe vient d’arriver ou que ça va mal avec le 3e rein. J’ai eu quelques « Ah c’est un beau cadeau pour ton ami ça » quand j’explique que moi je suis en pleine santé, mais les conversations de small talk ça se passe avec mon ami sans reins. « Toi t’as une fistule ou t’es en dialyse péritonéale? Ah ouin étais-tu avec la gang du soir, en bas? Moi je suis sur le chiffre du matin le lundi-mercredi-samedi. »

La notion de normalité, de kessé? Je me sens comme une étrange avec mes reins qui faisaient leur job sans trop que je comprenne avant d’avoir un ami aux reins chômeurs. 

Dans l’aile A, ma perte d’emploi de fille qui peut faire du 9 à 5 sans avoir à penser à placer une dialyse et un paquet de rendez-vous dans mon emploi du temps a l’air de la p’tite bière. J’ai deux reins jusqu’à lundi matin en plus, et ils fonctionnent vraiment très bien.

On oublie trop souvent notre chance. Flattez vos reins ce soir en vous endormant, je suis sûre qu’un peu d’amour leur donnera envie de faire leur job plus longtemps. (Et consultez ce lien, les familles disent très souvent non même quand la carte est signée…)

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Photo : Masakadu Makiyama

Un dialogue

- Je t’ai vu lui mentir tantôt.
- C’est pour son bien. 
- Tout le monde préfère savoir la vérité.
- Non, tu comprends pas. C’est pour son bien.
- Elle t’aimerait quand même, peut-être même plus…
- Non. C’est mieux de lui mentir.
- Humpff…
- Je sais que tu penses que je suis dérangée, c’est correct.
- C’est correct?
- Oui. Tu as raison.
- Tu vas lui dire la vérité? 
- Non. Je suis dérangée. Je trouve ça mieux que tu le saches. 
 
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Mon bébé

Cette semaine elle s’est fendu le sourcil après avoir joué au ninja. La face pleine de sang, ça lui coulait dans les yeux et dans la bouche, et sur moi quand je l’ai prise dans mes bras. Mon grand, hystérique, paniqué, quasi convulsé. Scène de film, scène qui arrache le coeur. Mon bébé en sang. Qui veut voir ça dans une vie?

Deux jours plus tard, ce soir, elle se plante en pleine gueule en courant avec son frère dans la maison (malgré les 97 avertissements) et se ramasse le bout intact de son front sur une tablette. Ça devient bleu et boursoufflé instantanément. Elle est tough, mais y’a des limites. Je me demande si ça lui shake le cerveau, à cette pauvre enfant-ninja.

L’hystérique qui m’a gardé éveillée tellement de jours et de nuits pendant plusieurs mois. Refusant de dormir, de manquer quelque chose. Hurlant. Toujours à crier. Une enfant qui t’enlève l’envie d’en avoir d’autres. Même maintenant, elle se réveille la nuit pour me demander ce qu’elle mangera pour déjeuner. M’obstiner sur la sorte de céréales, m’obstiner que je ne suis pas moi quand je lui chuchote "c’est maman mon amour, ça va, fais dodo".

C’est une freak. Une vraie hystérique de la vie. Une vraie bornée d’exister. Je l’aime, on se ressemble. Je ris quand elle m’empêche de dormir avec ses conneries plus grandes qu’elles le sont. Je ris un peu quand je pense à son front bariolé. (Pas beaucoup) C’est une guerrière. Une vraie tough. Une petite poule qui va défendre son frère sensible devant les goons. 

Une petite merveille au front fendu. Belle job. Elle me donne envie d’en avoir encore plein, des petites fortes et magiques.