Archives Mensuelles: juin 2009

Fatalité

Mon deuxième café du jour vient de me faire réaliser quelque chose de crucial, quelque chose de pathétiquement vrai qui répond à plusieurs interrogations que j’ai ces derniers temps.

Je suis devenue une ultime plaignarde. Je me sens comme une femme âgée qui est frustrée de plein de choses qu’elle n’a pas vu ni fait dans sa vie. Une vieille fille chialeuse qui se complait plus dans son malheur que dans ce que la vie lui offre malgré le peu de mérite qu’elle a.

J’arrête pas de me plaindre du boulot et de ce célibat qui s’étire sans que je sache si c’est vraiment malgré moi. On dirait que j’ai rien d’autre à raconter, ça me purge de le réaliser. Non, je n’aime pas mon travail et je ne suis pas une fervente des réflexions désagréables. Est-ce une raison pour mettre toute mon énergie et mes rages d’écritures dans ça? Oh que non. Je rendrai le tout tellement productif, tellement vite! Vous n’en croirez pas vos yeux.

Tellement de belles choses à vivre et à regarder vivre depuis quelques temps, je dois me ressaisir. Tout le monde doit travailler dans la vie et je ne fais pas exception à la règle, un jour je ferai quelque chose de motivant que j’aurai choisi et ce jour arrivera rapidement. Un jour ça fera dix ans que je serai en couple et je m’ennuierai de ma liberté.

Profite pis ferme ta gueule.

Je t’écrirai une histoire

Je t’écrirai une tonne de lettres manuscrites même s’il n’y a rien au monde que je déteste plus que ça. J’aurai envie de le faire juste pour te faire plaisir, j’aurai mal aux doigts de bonheur de te regarder me lire. Te faire vibrer avec mes mots, te sentir fier que mon coeur t’appartienne.

Je rêve du moment où on pourra se dire les plus belles choses de l’humanité en marchant main dans la main, s’arrêtant pour rire de quelques absurdités ou encore se moquer des gens et des situations ridicules.

Je te voudrai en moi chaque seconde, la proximité de ton corps me fera flancher avant même ce regard tout particulier que je comprendrai comme personne d’autre. Je serai prête à tout abandonner pour un baiser sous la pluie ou une aventure dans la ruelle la plus près. Cette complicité coquine sera un pilier indestructible de ces étincelles dans nos touchers, de cette humidité dans nos yeux et sur nos corps.

J’ai la forte impression que tout cela ne restera que mots, mais ça sera écrit, ça sera l’histoire que je te raconterai.

Un peu trop trouvée pour ne pas être perdue

« Is something wrong, she said
Well of course there is
You’re still alive, she said
Oh, and do I deserve to be
Is that the question
And if so…if so…who answers…who answers… »

Le moment où les questionnements semblent démesurés face à leurs réponses. Celui où on se demande si on a changé notre destin pour se retrouver à de telles incohérences. Peut-être est-ce trop tôt pour savoir?

J’ai l’impression de combattre des réflexions dont les conclusions pourraient me faire trop mal, d’empêcher ma tête d’aller s’écraser plusieurs fois contre un mur. Qu’est-ce qui s’est tellement passé en moi? Suis-je atrocement fermée ou simplement trop ouverte au mauvais endroits? Est-ce que je donne toute mon énergie aux mauvaises causes en passant à côté de plein de choses simplement belles?

Ai-je besoin de m’exalter tout le temps ou je pourrais me contenter d’une normalité un peu frivole? Je me décourage et me comprend carrément pas dans mes réactions ces derniers temps devant un certain aspect de ma vie. Ou bien je le sais tellement que c’est atroce à même laisser entrer en moi comme pensée…

Et je sais que c’est ça. Et je me méprise, me dégoûte. Je suis un être malsain.

Parce que je veux mourir dans les bras d’un drôle d’imbécile

Je suis bonne pour le tact et les entrées en matière douces et violonnées, donc voilà. Un vieil ami négligé à l’autre bout du Québec dont la copine vient de se faire avorter, le tout est en train de briser leur relation.

J – Merci d’être là à 1000 pieds de kilomètres pareil de temps en temps.

A – Voyons, je vais être là même quand mon bungalow sera construit sur Mars! Tu le sais bien!

J - Oui je sais, merci. Moi aussi j’aurai un bungalow… sur Pluton!

A – On aura un pigeon voyageur pour communiquer et jamais perdre contact. En attendant qu’internet se rende jusqu’aux étoiles, tsé.

J – Oui ou un bébé pas de jambes avec des ailes et une antenne… ça pourrait faire la job!

En haut, en bas, sur les côtés

« Love me, love me
Say you do

Let me fly away
With you

We’re creatures of the wind
Wild is the wind

Give me more than one caress
To satisfy this hungryness
We’re creatures of the wind
Wild is the wind

You touch me
I hear the sound of mandolines
You kiss me
With your kiss my life begins
»

J’ai la plainte du célibat tellement facile ces temps-ci que je me dois de me demander pourquoi ça me semble si lourd tout d’un coup, moi qui ne manque pourtant pas d’affection. Je sais ce qui a créé un vide mais ça ne me semble pas suffisant pour expliquer une telle rage d’aimer, ou même simplement de donner.

Je me découvre terriblement difficile et ça me fait me questionner aussi. Suis-je encore traumatisée de ton esprit troublé qui régnait si intensément sur le mien? Est-ce que la peur que tu m’ai marqué si profondément pourrait être plus forte que les réels dommages? Comment reconnaître ces dommages et les dissocier de mon intensité de tous les jours? Ne suis-je pas qu’une paranoïaque amoureuse en manque de drogue?

Avec tout ça je ne sais plus du tout si je suis prête. J’imagine qu’on ne l’est jamais vraiment, en même temps. Pourquoi toujours donner le deuxième côté à cette tonne de médailles? Foutu cerveau incapable de s’arrêter, c’est à croire que j’en suis malade. Le suis-je? Peu m’importe, nous ne le saurons jamais et n’aurons jamais à le savoir.

Vous me manquez et je ne sais pas qui vous êtes, vous m’exaspérez et je ne sais pas ce que vous faites. Mon coeur est troublé mais mon esprit danse, l’important est encore de s’amuser.

Douce impulsion

On se surprend beaucoup trop souvent que je me déplace à quelques dizaines de kilomètres sur un coup de tête, qu’il me prenne l’idée de vivre cela dans l’instant, de foncer.

Lancer une invitation sans avoir d’attentes à quelqu’un de pratiquement inconnu mais d’étrangement familier, entendre sa voix annoncer l’heure de son arrivée.

Je suis surprise comme j’aime l’être à mon tour, ne suis-je donc pas seule à me ressembler?

1+1

"And when the groove is dead and gone, you know that love survives, so we can rock forever."

Le paradoxe redondant

« Oh, well I walked in the bank
And I pulled out my gun.
You should’ve seen those people scream and run.
I used to make an honest buck;
How can I go back to that again?
Oh, now that I’ve tasted blood,
Now this wine seems too thin. »

J’adore et je déteste exactement les mêmes personnes, desfois pour les mêmes raisons. Ça fait pareil avec les objets, les actions, les événements.

On me demande souvent s’il y a du nouveau dans ma vie, ces temps-ci. J’hésite entre raconter la tonne de choses nouvelles et de dire que non, parce qu’au fond ça revient toujours au même, un beau cercle particulièrement vicieux.

Je suis dans un cadre cadenassé à plein d’endroits et il me semble de plus en plus impossible de m’en sortir. Chaque fois que je cible la chose de trop dans ma tête qui m’empêche d’en sortir et que je la règle… je vois dix nouvelles raisons de m’en faire, de réaliser que j’y suis juste prise. L’accepter et trouver toutes les nouvelles situations également ridicules? Continuer à me psychanalyser en espérant y voir une issue? Lancer tous mes meubles dans la rue et partir à pieds jusqu’au Mexique?

Je suis tellement bien ces temps-ci et tellement mal à la fois, c’est de devoir le deviner qui est le plus lourd chaque jour.

En ce moment je serais couchée sur une colline à la pelouse fraîchement tondue, les yeux fermés devant le soleil couchant. J’entend déjà quelles chansons feraient partie de ma trame sonore de vie ce soir-là. Je sais qui j’aimerais avoir avec moi, que quelques personnes en particulier.

Être seulement deux, pour s’avoir au complet. Somnoler, rire, chanter, philosopher. Être à la limite de la symbiose amoureuse juste l’instant d’un moment, savourer pleinement et retourner à la vraie vie.

Retrouver l’immonde question de ma solitude, m’endormir contre un oreiller plus grand que les autres.

Les éclairs, le tonnerre, la St-Jean… mon cerveau veut s’enlever la vie, je ne devrais pas écrire.

Et si…

Si j’avais fait semblant tout ce temps là, que j’avais suivi tes règles et que je m’étais empêché de parler d’amour comme une jeune sotte pleine d’espoir… est-ce que le moment où tu as posé ta joue contre la mienne aurait été différent? J’aurais peut-être été plus heureuse, ou encore plus détruite.

C’est dommage tout ça, j’aurais été prête et je ne le suis plus. Peut-être que tu ne réalise pas tout ce que ça impliquait pour moi… j’espère en fait. Quoi qu’à voir ton visage hier j’ai quand même l’impression que tu as jamais vraiment compris.

Mais quelle soirée BIZARRE. Ce fût fort amusant mais en même temps un grand n’importe quoi par quelques événements.

Toute seule et bien, encore une fois.

Éloge de la liberté

« I need some sleep.
I can’t go on like this.
I try counting sheep,
But there’s one I always miss.

Everyone says I’m getting down too low
Everyone says: "You just gotta let it go"
"You just gotta let it go"
I just gotta let it go »

Telle une fervente de la Facebook-chose, je serais dans la seconde une triple fanatique de la solitude comblée, de la liberté occupée.

Le coeur est un oiseau, qu’il disait, mon beau Richard? J’ai le coeur qui vole bien haut comme un oiseau, à l’abri des prédateurs qui rôdent sur la terre ferme de mes possibilités.

Et si cet homme racé amateur de Milwaukee’s Best me demandait du haut de son balcon d’Hochelaga : Comment ça va ma belle? Je pourrais sans aucune hésitation lui répondre que Chu ben. Je suis seule mais bien, j’ai remplis ma fin de semaine jusque dans ses plus vils racoins et le portrait global de ces expériences est un grand n’importe quoi dont je garde déjà un grandiose souvenir.

Ce lundi de congé forcé précédant cette grande fête de première nuit de la St-Jean-Baptiste s’annonce bien, le soleil est mon allié. C’est pas important ce mal de tête d’abus, l’important c’est d’être consciente de toutes ces respirations que je prend vers quelque chose de toujours mieux.

La p’tite vie, la p’tite criss.

Ces temps-ci, malgré l’apparence, c’est assez dément à quel point j’ai du plaisir d’être en vie. Pas se poser de questions, vivre des moments forts et déments, regarder le monde sourire à pleines dents en plissant les yeux devant le soleil ou dans la fumée des terrasses.

Les deux filles célibataires avec des enfants, deux débiles allumées qui pensent juste à se dévergonder en restant saines du mieux possible. Je la regarde, je me regarde, je nous regarde. Que de stéréotypes hilarants par rapport à mon âge, au sien, à nos expériences passées qui malgré tout se ressemblent un peu.

Ça me fait un petit pincement au coeur de l’avouer mais je commence à aimer cette grosse sale de Montréal. Dès que fiston et moi aurons notre nid juste à nous et que cette masse de merveilleuses personnes se concrétisera en quelques têtes que je veux garder pour toujours… je crois pas que je pourrai me passer d’elle. Une diversité beaucoup plus large qu’uniquement culturelle, une foule de gens différents sur tous les plans qu’on imagine et même ceux qu’on ose pas imaginer mais avant tout tellement d’esprits qui errent qu’une tonne d’âmes rejoignent la tienne. Je suis tellement heureuse de m’ouvrir à tout le monde quand je constate à quel point des gens riches passent dans ma vie.

Il va toujours me manquer l’argent, souvent me manquer l’amour. Ce que je sais qu’on aura toujours, moi et tout petit, c’est des gens avec qui rigoler et de qui apprendre en refaisant le monde des nuits entières à parler de tout en fixant les grandeurs.

Ça me sidère toujours de constater à quel point c’est vrai mais fuck, je t’aime, belle salope de vie.

Défi-défise.

And the rattlesnake said,
"I wish I had hands so
I could hug you like a man."
And then the cactus said,
"Don’t you understand,
My skin is covered with sharp spikes
That’ll stab you like a thousand knives.
A hug would be nice,
But hug my flower with your eyes."

Life is life, nanana, nana?

Je regarde le futur avec une face béate. Qu’ai-je devant moi? Les études que je ne pourrai jamais faire d’un coup, le fils à qui je veux offrir tout ce qu’il y a de mieux, le travail, l’argent, l’amitié, l’amour, alouette. Quand je me concentre sur tout ça je soupire un grand coup, je me dis fuck y’en aura pas de facile. Être toute seule je me dirais que le pire qui pourrait m’arriver serait de fouiller dans les poubelles pour manger et de vivre dans une boîte de carton mais… tu existe petit homme merveilleux, et ta mère est une femme un peu trop ambitieuse pour ses moyens.

Est-ce que j’ai la force, cette foutue force? Est-ce qu’à 12 ans tu seras encore aussi joyeux et confiant? Est-ce que j’aurai réussi à me contenir et à rester bonne pour toi jusqu’à ce moment-là? Est-ce qu’on va manquer de nourriture un jour? Est-ce que le prochain homme à qui je ferai confiance la brisera en marquant ta vie à jamais? Est-ce que c’est ma faute si tout est autant de la marde desfois, je cours après? Est-ce que je devrais trainer ton père en cours et le détruire pour qu’il nous fasse vivre avec une pension de fous et que je puisse continuer égoïstement mes études? Est-ce que, surtout, je serai capable de refaire complètement confiance? Est-ce qu’on va trouver un logement pour nous deux? Est-ce qu’on va trouver un demi-papa pour toi et un amoureux pour moi? Est-ce qu’on devrait le faire ou on est mieux seuls?

Est-ce que tu m’aimes inconditionnellement, bébé?

Blette.

J’ai trois textes en cours, presque achevés. Au travail je vois plein de gens intéressants ou pas qui m’inspirent beaucoup… mais le soir venu, je pense juste à une chose. J’arrive plus à écrire, j’ai l’intensité qui veut éclater de sa belle mort.

Je déborde sans fin, j’ai l’équilibre qui donne de grands coups. Je me sens fragile comme une merde, forte et même désagréable, tout en étant tellement faible et malléable. Ça me tue de te donner autant de pouvoir sur moi, de me laisser me ridiculiser comme ça. Je me console en me disant qu’une partie de ce délire absurde reste dans ma tête et n’en sortira probablement jamais, mais les bribes qui s’échappent malgré les vingt-trois bras mentaux qui les retiennent sont suffisantes pour faire de moi une vraie grande imbécile de première.

Je suis vraiment vidée de ce jeu mais je ne sais pas comment m’en sortir, j’ai essayé, ça fonctionnait, et quelque mots virtuels suffisent à me redonner l’envie de me mettre en boule par terre en criant à je-ne-sais-qui au ciel que c’est totalement injuste, que c’est une des pires frustrations de mon existence et que je refuse d’accepter que ça m’arrive. Je veux pas comprendre, je veux juste pas comprendre. J’ai essayé, merde, j’ai essayé je le jure.

Je ne suis qu’une fillette vulnérable devant toi, c’est pire que tout… vraiment pire que tout, pire sentiment, le pire toute. Je suis écoeurée de ma personne et de cet épisode qui ne cesse de ne vouloir finir.

La sainte criss de paix

Je rêve du moment où je pourrai m’endormir la fenêtre ouverte, sentir une brise chaude d’été sur mon corps nu. Cesser de la fermer juste avant que mes paupières tombent, tellement frustrée par le bruit des voitures et des gens.

Je rêve du moment où toutes les fenêtres seront ouvertes chez moi et qu’on pourra quand même savourer le silence. C’est désespérant d’essayer d’oublier les bruits étouffés des boulevards et des enfants abandonnés dehors jusqu’à tard dans la nuit.

Je pense à mon enfance, aux soirées d’été où on pouvait entendre une voiture freiner à cinq coins de rue de la maison. Se réveiller trop tôt au chant des grillons, entendre des adolescents s’amuser de leur liberté dans le parc d’à côté.

Je vais prendre une immense bulle de rien, s’il vous plait. Au plus vite, merci.

Nostalgie

Un samedi matin ensoleillé, la terre se réchauffe doucement. Mon fils cogne dans la porte-patio pour sortir d’yors, je lui demande d’attendre que mon double-expresso finisse de se préparer seul dans cette grosse machine spatiale hors de prix.

Il choisi la chaise longue et moi deux chaises l’une devant l’autre, une pour les pieds, l’autre pour mes grosses fesses. Café, portable, bébé qui s’épanouit dans un espace sécuritaire où je peux me retourner une minute sans avoir peur qu’il se fasse kidnapper ou frapper par une voiture. Je me sens chez moi, dans cette maison que j’ai quitté il y a trois ans qui me semblent un siècle.

On va se promener, la maison est trop tranquille et ça me déprime. La marina de Cap-Rouge ensuite le chemin Ste-Foy, je ne sais même pas trop où on va. Je suis bien, je connais toutes les rues par coeur, je me sens chez moi. Je choisis la musique pour ce moment là, je sais que fiston est en train de s’endormir à l’arrière. Il faudra que je revienne vivre ici, que je me dis. Quand, pourquoi, comment?

Chaque mois m’enracine un peu plus à Montréal, j’ai peur de ne jamais pouvoir m’en sortir.

La solitude devant toi

I don’t know anymore
What it’s for
I’m not even sure
If there is anyone who is in the sun
Will you help me to understand
cause I been caught in between all I wish for and all I need
Maybe you’re not even sure what it’s for
Anymore than me

Ça va globalement mal. J’aime ça, dire que les choses vont globablement bien ou mal. Certaines petites choses vont bien, j’aime le boulot que je fais cette semaine et je travaille avec des femmes vraiment riches de leur personne. Sinon? Je suis au moment du mois où tout devrait aller beaucoup trop globalement bien pour m’éviter de pleurer comme une dinde à la moindre frustration.

Mon fils est terrible, ma colocataire n’est plus suivable, ma petite mère s’en va en voyage et ne pourra donc pas me ramasser quand j’irai dans sa ville en fin de semaine, le père de mon fils est un trou de cul, je suis pauvre, je suis triste, je me sens seule, j’ai besoin d’amour.

Je suis seule. Ça me fait mal ces temps-ci, ça me frappe. Je suis seule et il n’a que moi, moi qui suit toute seule. On est seuls mais tu m’as et je ne t’ai pas. Je suis sans cesse prise entre mes priorités par rapport à moi et les contraintes que je m’impose pour faire de ta vie quelque chose de bien. J’ai des besoins, j’ai des projets, j’ai envie de m’épanouir dans ce que j’aime et de devenir une femme accomplie… mais il y a une tonne de choses que ta présence dans ma vie m’empêcheront toujours de faire. On est seuls mon amour. On a personne et on le sait, on est loin de ceux qui pourraient être plus près, et on est proches de gens qui se sentent seuls mais sont loin de l’être. Ta mère est perdue mon amour, entre toi que j’aime plus que tout au monde et pour qui j’écraserais tout ce que je suis, et tout ce que je suis qui commence à souffrir à force de s’écraser.

Je n’ai pas envie de drogue, de débauche, de choses malsaines qui feraient de moi une mère pitoyable. J’aurais envie de te partager dans l’amour, quelque chose de classique, quelque chose de beau. J’aurais envie de voir deux adultes s’épanouir à moitié à tes côtés à la place de me regarder m’auto-refouler, toute seule devant ta tonne de besoins. Le partage que je pensais avoir trouvé s’effrite de plus en plus, il faudra revoir nos plans, réorganiser nos vies encore.

Nous ne serons pas tranquilles avant un moment et pour toutes ces adaptations que tu subiras, je m’excuse. En attendant, j’essaye juste de voir ce que nous ferons l’automne prochain, et si ta mère a les reins assez solides pour passer la prochaine année. Un jour à la fois, ça semble beaucoup trop loin.

Ça sent lui

Je suis amoureuse de ce gars. Il est à Montréal ce soir, à quelques minutes de voiture de moi. Je l’aime tellement et j’ai tellement d’amis qui y vont. Même mon ex y va, criss.

Il est fou, son groupe est débile, ce vidéo est dingue aussi et cette chanson tirée du nouvel album aussi.

I should just fucking die, my life suck.

Si y’a une mordée dans ton végé pâté, tu sauras qu’c'est moé.

« Ah ouin je pensais que tu faisais genre de l’artisanat en t’occupant de ton fils dans un petit appartement plein de plantes. »

Paranoid Android

Drôle de matin. Je ne sais pas quoi en penser. Drôle de soirée que celle qui s’est terminée il y a cinq ou six heures. Un français blond aux cheveux en soleil, une vieille copine de Québec qui est tombée en amour avec le-dit français arrivé pour rien de spécial il y a un mois. Eux, dont elle que je vais voir comme elle part découvrir l’Europe avec Adonis, s’embrassent langoureusement sans arrêt et trop souvent par surprise pendant que quelqu’un essaye de leur entretenir une conversation. Il y a aussi Pablo, jeune colombien venu être un graphiste prolifique à Montréal il y a 3 ans, accompagné de façon qui semble habituelle par son harem de françaises. Les françaises, j’ai une vague idée de leurs prénoms mais sans plus.

Vous imaginez donc bien qu’en dehors des moments où les tourtereaux se lâchent le nettoyage de plombages, je suis un peu perdue. Les françaises sont tellement pâmées devant mon beau Pablo que j’ose à peine lui parler, je me console en me disant qu’il m’a ajouté sur ce beau module de perte de temps qu’est Facebook. Parenthèse pour Facebook d’ailleurs, je pense déposer un projet pour avoir un salaire en ne faisant que perdre mon temps sur leur site, ça serait vachement payant. Je commence même à avoir des arguments qui se tiennent, ça sera dément.

Cela dit, qu’ai-je donc fait tout ce temps, entre le moment où ils me nourrissaient de Tremblay pour me charmer dans un petit appartement miteux et celui où je suis revenue chez moi le genou détruit d’avoir trop dansé comme une folle sur des caisses de son dont on était les seuls occupants? Bon je l’ai déjà dit, j’ai dansé. Sur du métal en plus, ça nous rappelait tellement notre secondaire commun à Copine et moi qu’on s’est détaché les cheveux telles des démones de la pillosité crânienne et nous nous sommes gracieusement disloqué les vertèbres du cou.

Finalement, j’ai passé la soirée avec M. Des potins de tatoueuse qui part d’un endroit avec ses idées anarchistes parce qu’elle travaille avec de la racaille de mâle désillusionné, des jeux de dés/alcool, des mouvement douteux pour qu’il puisse montrer à tous  mon corps dont la moitié de l’encre vient de lui.

C’est donc avec un petit mal de tête et un manque de sommeil flagrant que j’entâme cette dernière journée de madamisme de la semaine et ce premier jour de mes deux jours de jeune fille sans responsabilité.

Intime-moi

« There’s really no way to reach me
Is there really no way to reach me?
Am I already… »

Sur ce fond de piano dans le fond de ce lit, j’écris. Je tapotte sur cette belle machine qui me réchauffe l’estomac et me porte chaque jour bonnes et mauvaises nouvelles du monde extérieur. Devant cette chose je souris, je soupire, je me photographie. Pourrai-je vivre sans toi mon bel ordinateur? Toi, pourrais-tu vivre sans mes mots, sans subir mes états d’âmes et ceux des bras grandissants de mon fils?

Je me questionne encore en écrivant. Je retourne plusieurs erreurs de parcours dans ma tête, apprend de celles qui m’ont le plus troublé venant de moi et me demande si je regrette les autres. Je trouve toujours particulier de me rendre compte que j’ai vraiment merdé à quelque part et que je passe quand même l’éponge sans trop vouloir en retirer quelque chose de concret. J’aime mon impulsivité au point où je préfère apprendre à assumer et ne pas regretter que d’apprendre à me retenir et à faire les choses comme elles doivent être faites dans notre belle société cadrée et soupesée.

Je me referme, ces temps-ci. Je me rend compte des vraies personnes autour de moi depuis que je garde mon corps bien contre moi et moi seule. Mes petites écartades m’ont fait réaliser que j’avais pris de bonnes décisions, ce fût fort distrayant mais je me dois d’être plus fiable avec moi-même.

C’est plutôt amusant en bout de ligne de tout gérer ça à l’intérieur de moi. À l’écrire ainsi j’ai aussi l’impression d’avoir un dédoublement de personnalité. Qui sait?