Ça se peut pas?
Je sais que c’est pathétique, vingt-quatre heures sans me faire noyer de caresses et je remet encore une fois en doute l’idée même que ce soit arrivé. J’aimerais pouvoir me délester de ce besoin de me protéger contre toutes les intempéries, des plus laides aux plus jolies.
Dans ma tête de fillette-mère qui s’est fait répéter trop longtemps qu’elle était instable à un point dangereux pour elle-même, qu’elle ne s’en tirerait pas sans médication et sans la présence d’une personne mieux qualifiée qu’elle pour gérer sa propre vie, se laisser aller devient une expérience chaotique.
Je m’en suis tirée pas si mal, je crois. J’ai survécu en retrouvant le goût de rigoler de n’importe quoi et mon fils sourit de toutes ses belles dents quand je lui fais des grimaces, ça va?
Ça va.
Ça va, la routine quoi. On est heureux comme de beaux imbéciles, on s’appartient et tout. On s’arrange comme on peut avec son paternel bon à rien, mes projets versus mon porte-feuille qu’on doit partager, mon besoin d’être une grande imbécile inconsciente et immorale. Tout roule généralement bien, quelques histoires par-ci par-là, rien de trop angoissant parce qu’il faut rester forte et détachée pour conserver cet équilibre durement gagné.
Devant ces yeux perçants qui veulent me dévorer, devant ces grandes mains pleines de promesses, devant ces mots qui ne cessent de me couper le souffle, devant cette envie terrible de laisser tomber toutes mes grandes barricades… je freine. Je m’arrête pour mieux savourer et pour mieux prendre conscience de ce que je vais faire, tenter de faire, voudrais faire.
Te laisser entrer dans nos vies et nos coeurs, pour le meilleur et pour le pire? Prendre ces moments à graver en moi pour toujours, considérer ce que ça implique pour ma raison de vivre qui dort dans la pièce d’à côté, soupeser tous les aspects de ce grand bonheur devant ce malheur possible.
J’ai peur en étant la plus forte. J’ai peur que la vie me déçoive, une fois de plus. Ce fût facile un temps d’éviter les occasions de déception dans l’espoir que mon coeur ne parle pas avant moi.
T’as voulu dire ton mot l’Émotion, assume alors. J’espère que tu pourras me reconstruire si je me brise encore.
cancel all your plans, i’m taking over now
for what it’s worth, it’s been a long time coming
help me choose all the words i need to say
WordPress:
J’aime chargement…