J’ai reçu un courriel troublant, ce matin. Un courriel triste, surprenant, oui surprenant. Même si j’ai passé la nuit à tourner dans mon lit avec la nausée, même si je me suis levée avec une urgence, une inquiétude plus grande que moi. Une partie de moi l’a jamais su, et l’autre le savait déjà.
Aujourd’hui, le père de mon amie Julie s’est fait le messager des pires craintes que je n’ai jamais osé verbaliser. Il l’a dit, et elle aussi, mais j’ai encore peine à y croire. En fait je n’y crois pas.
Aujourd’hui, j’allais voir Émilie. J’allais à Sainte-Justine pour mon fils, c’était certain que je passais voir Émilie. Elle était là samedi, et elle a même parlé, chicané son frère. Elle était toute là, elle y serait encore, elle m’attendrait…
Mais je suis bien peu de choses devant Goliath. Même si à deux, elle et moi, on aurait fait au moins trois David, et que la fable ne se finit pas aussi tristement, normalement…
Une amie m’a dit de sortir tout le poison en moi, que je couve encore pour avoir la force de supporter toutes les peines plus grandes que la mienne. Je lui ai dis que cette enfant là est spéciale. Elle l’est, et le restera, et l’est encore, malgré ce qu’ils essayent de me dire.
C’était pas cette maturité qu’on m’a déjà raconté au sujet des enfants malades, cette acceptation ou je-ne-sais-quoi. Émilie est, était pas comme ça. Elle était irritable à la fin, en colère. Elle était loin d’être encore l’enfant qui croyait comme moi que tout cela n’était qu’une étape qui passerait, aussi difficile puisse t’elle être. Elle avait compris j’imagine. Elle avait accepté peut-être. Pas sans frustration, pas sans savoir qu’elle était victime d’une terrible injustice.
J’ai des regrets, j’ai des remords, j’ai ta frustration et la mienne qui fusionnent dans tous les pores de ma peau.
J’ai trop de mal. De savoir que tu seras plus jamais là pour les fois où je dis à Julie que je viens te voir, et qu’elle dit toujours oui, elle doit savoir que ça nous fait plaisir à toutes les deux.
Juste de savoir que je peux plus te parler, que tu peux plus me sourire.
Que tu peux plus me sourire. Plus jamais. Plus de sourires. Juste ceux qui vibrent dans mes pensées, et tes rires et histoires de l’an passé.
Je t’aime depuis le premier sourire, et pour toujours.
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