Archives Mensuelles: juin 2012

When to find you in the backyard

Leave a lighthouse in the wild,
Cause I’m coming in
A little blind
Dreamer of a lighthouse in the woods
Shining a little light to bring us back home

Long time no see le blog, comme diraient les anglais. Je vais te parler comme on parle à un journal intime au début de l’adolescence, pour ce soir, ça te va? Merci.

Ces temps-ci, c’est pas toujours facile. Tu vois c’est que j’ai tendance à m’en mettre plus que le client en demande, sur les épaules. Des épaules de 6 pieds pleines de dessins permanents, on croit tous que ça ne flanchera pas. Je fais la même erreur que tout le monde. On est naïfs, les humains, hein?

L’espèce de sérénité de l’âge qu’on me brandit sous le nez en même temps qu’on me dit que la jeunesse c’est beau et ah profites-en bien là, mais ah on est tellement mieux après. Ça me fâche.

Je peux trouver un juste milieu entre cette naïveté dépossédée et l’absolu? Je peux trouver la sérénité avant l’âge? Je peux boucher tous ces trous en moi avec autre chose que de l’encre trop colorée qui cache maladroitement les trous sombres?

Je peux grandir assez pour arrêter de parler à un journal intime de mes 12 ans, en public, toute nue sur l’internet, en grande déclaration de mes tourments? Je peux rester floue, mais quand même me tirer dans les pieds, comme ils disent, les français.

C’est une belle déclaration d’égocentrisme de bloguer, j’ose espérer que le manque de temps que j’ai à y consacrer part un peu d’une baisse de mon ratio d’égocentrisme général? Qu’en penses-tu, plate-forme WordPress/journal intime de fillette épuisante et épuisée?

Alors, où se cache la cohérence quand on en a besoin? Je l’ignore. Pas ici. Cherchais-tu la cohérence, le lecteur un peu voyeur? Est-ce que tu te sens comme quand tu volais le journal intime de ta soeur, qui découvrait les petits garçons en première secondaire? J’avoue que je t’en veux un peu de lire, et tu te dis salut la conne, internet c’est pour les voyeurs, et toi t’as juste à te trouver un carnet Hello Kitty avec un petit cadenas en plastique rose pour brailler tes réflexions stupides.

Si vous avez réussi à m’endurer jusqu’à cette ligne, nous pourrons enfin parler des choses sérieuses. La situation politique actuelle, au Québec, mine le moral d’une quantité extraordinaire d’individus. Je suis personnellement depuis toujours trop émotive devant les débats de l’assemblée nationale, mais je connais maintenant plusieurs québécois qui sont normalement de ceux qui ignorent tout de la politique pour mieux se conforter dans leur soyeuse mousse de nombril qui sont franchement déprimés eux aussi. Vous avez vu la dernière, la 348e cerise sur un gâteau déjà dégoûtant? Je ne suis pas du genre à comparer Khadir à Luther King et à penser que l’anarchie est le dernier recours, mais je pense que la situation actuelle est une démonstration claire de non-respect de la démocratie dans laquelle notre peuple a "choisi" de vivre. Je sais que nécessairement, quand un gouvernement est élu par la majorité, il a plus de pouvoir. Il peut prendre des décisions anti-démocratiques, faire des lois absurdes, chier sur son peuple et jamais regarder dans quelle face son tas s’écrase, tout en satisfaisant quand même la majorité de la population. Qu’est-ce que vous en pensez?

Je vous écoeure un peu. Au fond, on devrait faire du camping dans les parcs. Je ne sais plus où donner de la tête.

C’est la déprime. J’ai des envies de violence que je ne me connaissais pas (oui, police de Montréal, SPVM, ceci est une incitation à manifester (mon désarroi), j’ai avoué avoir des pensées violentes, et je portais un masque en l’écrivant (un masque de spider-man, le justicier-araignée)).

Depuis ce souvenir flou de mon père qui pleure après le référendum de 1995, je n’ai jamais vu la population être aussi sévèrement atteinte par la politique. Je suis jeune vous direz (j’arrive à faire des liens avec mon braillage inutile du début), mais je crois que nous vivons un moment historique tout de même. Un soulèvement qui, je l’espère, saura nous insuffler le courage de se battre. L’envie de défendre nos convictions. L’envie de se rassembler, de se rappeler qu’on est plus forts ensemble. Quelle belle conclusion ce serait, que toute cette MARDE (désolé) nous ai aidé à voir plus loin que cette mousse soyeuse, nous rappelle que nous sommes un tout, que l’individualité crasse et moderne était une erreur.